Ntohtchou et les sorciers (1ère Partie)

Quand un parent donne une interdiction, ce n’est ni par méchanceté ni par plaisir, mais c’est par amour pour ses enfants.

C’était dans un village lointain où vivaient un père et ses deux enfants. Chaque jour, le père allait à la chasse et les enfants attendaient gentiment son retour dans le jardin de tomate. Et le soir, au retour du père, les enfants mangeaient de la viande de singe, de lièvre ou de pangolin. Un jour, en l’absence du papa, le grand frère Ntohtchou, c’est-à-dire le têtu, invita son petit frère Leghieh c’est-à-dire « la sagesse », à le suivre pour une promenade. Nos deux frères marchèrent, coururent et ne voulaient plus s’arrêter. Mais ils avaient tellement soif que leurs lèvres et leurs gorges avaient complètement séché. Ils ne savaient où trouver de l’eau.

Ils virent alors une mouche coincée sur une toile d’araignée et ils lui demandèrent où se trouvait la rivière. La mouche leur pria de la sauver d’abord. Leghieh sauva la bestiole et elle les accompagna jusqu’à la rivière. Chaque garçon étanchait sa soif et la mouche s’en alla en leur disant de retourner immédiatement d’où ils venaient. Mais tellement les garçons avaient faim qu’ils ne s’empêchèrent de grimper dans le goyavier qui s’y trouvait pour se servir. Ils mangèrent à satiété et retournèrent au village à la tombée de la nuit juste avant leur père. Seulement, le met que leur papa fit ce jour n’intéressait ni Ntohtchou ni Leghieh. Et le père s’inquiéta de leur état de santé. Mais Ntohtchou fit signe à son petit-frère afin qu’il ne trahisse pas.

Depuis ce jour, lorsque leur père quittait la maison le matin, les deux garçons allaient à la rivière au loin pour se régaler. Ils rencontrèrent toujours la mouche qui leur disait toujours combien dangereux était ce lieu. Lorsque Leghieh voulait se résigner, Ntohtchou lui demandait :

  • « Qu’est-ce qui nous ai déjà arrivé depuis le premier jour jusqu’à hier ?»
  • « Rien du tout grand frère ! » Répondait fièrement son frère ;

Un jour, le père rentra beaucoup plus tôt et ne vit aucun de ses enfants dans le jardin. Il se mit à pleurer sur la tombe de sa femme qui était au milieu du jardin de tomate. Pendant qu’il pleurait, les garçons sont rentrés et leur père se mit à gronder au point où la tombe s’ouvrit et un ange en sortit. Avec la voix de leur mère, il leur ordonna de ne plus aller dans la rivière au loin.

Le lendemain, Ntohtchou invita encore son petit frère à le suivre et ce dernier refusa en lui disant qu’il ne faut plus désobéir aux parents et encore moins aux anges. Le grand frère lui administra une bonne paire de gifles en lui ordonnant de ne plus jamais lui parler sur ce ton.

  • Rappelle-toi toujours que je suis ton grand frère et que pour cette raison, j’ai toujours raison. »

Tandis que le petit frère pleurait, il prit la route pour la rivière. En chemin, il vit la mouche coincée sur la toile d’araignée. Celle-ci le priait de la libérer. Mais Ntohtchou se moquait d’elle en disant qu’il n’avait pas assez de temps. Arrivé à la rivière, il se mit à boire de l’eau. Ensuite il grimpa dans le goyavier et se mit à consommer des goyaves. La mouche, qui s’était libérée, vint roder autour de lui pour lui nuire et l’encourager à rentrer. Mais Ntohtchou la tua d’un claquement de mains. C’est ainsi que l’âme de sa mère jaillit du corps de la mouche pour se rendre au ciel.

Le garçon, au moment où il descendait de l’arbre, un couple de sorciers l’attendait au pied…

Fin de la première partie

Qu’arrivera-t-il à Ntohtchou à sa descente de l’Arbre ? Quel sort lui réserve le couple de Sorciers ? Sa vie est-elle en danger ? Son frère le retrouvera-t-il ? Autant de questions qui viennent à l’esprit ! Mais prenez votre mal en patience, la suite très prochainement dans le 3e Numéro de Muna Kalati.

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