L’Histoire de la Bande dessinée au Cameroun

histoire jeux vidéo cameroun_munakalati.org

Cet ouvrage de Christophe Cassiau Haurie est le premier à proposer une présentation globale du 9ème art au Cameroun. Rédigé par un spécialiste, Christophe Cassiau-Haurie, auteur de nombreux autres ouvrages sur la bande dessinée (BD) en Afrique et en Europe. Il commence par un bref mais très intéressant état des lieux de l’édition et de la distribution au Cameroun caractérisé par une croissance annuelle du budget réservé à l’importation demanuels scolaires, dont 85% des parts du marché vont à des éditeurs français.

Le premier volet de l’ouvrage présente chronologiquement le développement dela BD au Cameroun en trois étapes.

La première s’étale des années 1940 aux années 1980 avec les premiers essais de BD et leur premier héros, Sam Mofong, créé par Durand Kiti. Mais bien avant, Ibrahim Njoya, « génie isolé de l’époque coloniale » sous le royaume du Sultan Njoya, sera le premier auteur de BD camerounais et africain avec : La Rate et les quatres ratons. En 1957, Michel Modo réalise une mini BD sur une légende locale : l’épopée des jumeaux Afini et Kara. Les post-indépendances seront marquées par Thomas Durand Kiti qui a créée Sam Monfong, premier héros BD de l’histoire camerounaise ; fonde le premier Journal de Caricature (Ango) en 1977 et le Centre Africain pour les Etudes et les recherches sur la Bande Dessinéeet le Dessin Animéen 1986.

La deuxième étape débute en 1990 avec le vent démocratique qui souffle au Cameroun et qui va favoriser l’émergence de la presse caricaturiste dont Nyemb Popoli du Messager Popoli (1993) sera le héraut. Emergent les premières associations : Coup d’crayon (1995), Mac BD (1997), publications : Tobias, Mossi Pepe, Mami Wata ; et bédéistes : Jean Pierre Kenne, Marius Desfoussots, Pierre Mbumbo ou Arman Bockally.

La dernière étape est celle de la structuration et de la professionnalisation de la filière, à partir des années 2000, avec l’intérêt croissant des ONGs et des services de coopération se servent de la BD comme moyen de communication et de sensibilisation sur des sujets tels que le VIH/SIDA, le leadership et certains fléaux sociaux. C’est le cas de l’ACMS (Association Camerounaise pour le Marketing Social) qui contribuera à la publication du magazine 100% Jeunes (2000) ou Billy et Aïcha (2011) d’Almo the Best financé par la Coopération Japonaise pour sensibiliser sur la nécessité de la propreté dans les écoles.

Le second volet de l’ouvrage, consacré à la production à l’étranger, rejoint une de ses publications antérieures.Il nous y présente le parcours de plusieurs bédéistes camerounais évoluant dansdes aires géographiques différentes. Il présente certains présents en France (Yves Madiba alias Mayval, Joelle Ebongué alias Elyon’s, Achille Nzoda, Biyong Djehouty,  Simon Pierre Mbumbo cofondateur avec Ngallè Edimo  de l’association l’Afrique Dessinée; Francis Taptue aliasChrisany, Eyoum Nganguè, Brice Bingono Mekoulou, Maya Mihindou, Joelle Esso) ;tout comme ceux résidant au Cameroun mais publiant en France (Almo the Best, JaphetMiagotar…). Enfin à ceux qui jouissent d’une reconnaissance en Afrique : Algérie (Lily Ngounou, Bruno Temfack, Narcisse Youmbi…), au Burkina Faso (Ezzat El-Dine), au Maroc (Yannick Deubou Sikoué) (Maroc), au Niger (Hervé Mpessa…), Sénégal (Pierre Sauvalle…). Sans oublier le Canada avec Samory Ayi et Evelyne Kemajou.

Le troisième volet est constitué des entretiens réalisés avec cinq auteurs de BD camerounais qui reviennent sur leurs influences, leur carrière professionnelle ainsi que les obstacles et enjeux liés à la pratique de cette discipline en Afrique et dans le monde. Il s’agit d’Almo the Best, Narcisse Youmbi, Nouther, Joelle Esso et Japhet Miagotar.

Cet ouvrage est très riche par la quantité des albums de jeunesse recensés dont un répertoire est dressé. Il s’achève sur une note particulière à travers les considérations personnelles de l’auteur avec le monde du livre. Cependant on aurait apprécié davantage d‘analyse thématique, et l’on regrette aussi la faible prise en compte de la production en anglais, pourtant très abondante. Toutefois, cela n’enlève en rien l’importance scientifique voire académique de cet ouvrage.

1 Commentaire

  1. jrn

    je suis perplexe de savoir qu’il y’a eu autant de pionniers du 9e art au Cameroun. c’est enrichissant merci!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *