Le paratexte reste lorsque le lecteur a tout oublié

Le paratexte : composante fondamentale du livre de jeunesse

Le paratexte de manière simple est tout ce qui se trouve autour du texte ou du récit si nous sommes dans la cadre d’une œuvre de fiction. Lluch (2004) propose de les classer en trois types : les paratextes qui se trouvent hors du texte (catalogues,critiques littéraires, publicité…), les paratextes les plus visibles (page de couverture,dos, format, nombre de pages, indicateurs d’âges, nom…) et les paratextes dans le livre (titre du livre, titres des chapitres, prologues dédicaces …) Ainsi donc, le livre serait entouré de plusieurs types de paratextes. Mais, dans cet article, nous allons nous intéresser uniquement aux deux derniers types et leur impact sur le jeune lecteur.

Source: Afrilivres

Le pouvoir de l’illustration de la couverture sur le jeune lecteur

 Un proverbe chinois stipule qu’une image vaut mille mots. En d’autres termes, que l’image est beaucoup plus expressive que les mots. Ceci justifie certainement les images qui accompagnent les textes. Les textes plus illustrés sont sans aucun doute les livres destinés aux enfants. En effet,les enfants ont une forte attraction envers les images, d’ailleurs, avant de pouvoir s’exprimer, les enfants reconnaissent plusieurs éléments de leur entourage à travers les images. Tout comme un enfant reconnait ses proches juste en les voyant, il reconnait aussi un livre à travers les images qui l’illustrent. 

 L’illustration a été considérée par la critique comme un des paratextes le plus importants de la captation et de la compréhension des idées d’un texte. Une fois captivé par les illustrations,le jeune lecteur peut décider de lire le livre pour le comprendre et, cette compréhension débute aussi par une compréhension du paratexte.

Le paratexte : première lecture d’un livre

 Les images observées parle lecteur sont souvent interprétées. Le lecteur leur donne une certaine orientation qui est généralement liée à ses connaissances antérieures. Une image d’un ballon de foot par exemple pourrait être interprétée de plusieurs façons par le lecteur ou la lectrice. L’illustration ici se convertie pratiquement en un discours capable de raconter une histoire qui jusqu’à lors reste imaginaire et n’est  que le fruit des interprétations du lecteur ou de la lectrice. Que l’interprétation soit vraie ou fausse, peu importe,le lecteur se fait déjà une image qui peut susciter son intérêt pour la lecture. Pour des lecteurs un peu plus âgés, le titre peut être aussi d’une importance capitale.  Qu’il soit rhématique (renvoyant à la forme du livre) ou thématique (renvoyant au thème du livre), le lecteur se sert de lui comme première clé pour décoder le texte.

Le paratexte reste lorsque le lecteur a tout oublié

 Il est vrai que les citations, les personnages et bien d’autres éléments internes aux textes permettent souvent aux lecteurs de se souvenir des livres qu’ils ont eu à lire mais, le paratexte peut être considéré comme la dernière donnée qui reste si l’on advenait à tout oublier. Combien de fois nous nous sommes souvenus d’un livre par le titre ? Combien de fois nous nous sommes souvenus d’un bouquin par sa forme (petit ou gros) ? Combien de fois nous nous sommes souvenus d’un livre juste à travers les images de la couverture ? Sans aucun doute ceci arrive régulièrement aux lecteurs. Ainsi, le paratexte qui est très souvent le premier élément d’attraction devient le dernier élément à oublier.

L’importance du paratexte est donc capitale surtout lorsqu’on se retrouve dans la littérature enfantine. Il sert aux parents et aux enseignants de choisir les livres qu’ils souhaiteraient faire lire leurs enfants ou leurs élèves. Le choix est fortement motivé par le désire d’emmener le jeune lecteur à lire pour apprendre ou pour se divertir. Il est important de signifier que le jeune lecteur doit être motivé et non obligé,car l’obligation pourrait l’éloigner pour toujours de la lecture.  Ainsi donc, un livre mal illustré, ou avec un titre, un prologue ou un épilogue non captivant ne saurait attirer l’attention du public. Le paratexte reste donc capital dans le processus d’initiation à la lecture ou dans la lecture tout simplement.

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