Comment accroitre la visibilité des éditeurs africains aux évènements littéraires internationaux sur le livre jeunesse ?

Les salons, festivals et les prix littéraires sont des instances de légitimation des auteurs. Ce sont des moments de rencontres professionnelles où se créent des contacts, où les auteurs et éditeurs camerounais pourraient gagner en visibilité. Quelle est donc la participation des auteurs et éditeurs camerounais à ces rendez-vous ?

Akoss Ofori-Mensah à la Foire du Livre de Blogne  @EditAfrica

D’emblée, nous constatons très peu d’éditeurjeunesse camerounais, participent à la Foire du Livre Jeunesse de Bologne[1], un évènement clé dédié à l’industrie du livre de jeunesse avec plusde 25000 visiteurs et quelque 1200 exposants, soit 98 pays du monde entier. Chaqueannée, le prix du « Meilleur Editeur jeunesse » de l’année récompense le travail d’éditeurs à la pointe del’innovation dans leur activité et souligne la créativité de leur productionéditoriale au cours de l’année précédant la Foire.

Ce n’est qu’à partir de 2013 que les éditeurs africains entrent en scène et remportent cette distinction, notamment le Rwanda avec la maison d’édition Barkane dirigée par Agnès Gyr. Rappelons qu’elle avait déjà reçu le prix « New Horizon Award » de Bologne pour le livre Ubucuti bw’imbeba n’inzovu (de bons amis). Son action en faveur de la promotion de la lecture avait été récompensée par le Prix IBBY-Asahi en 2008.

L’édition 2014 a été décernée à une maison d’édition de l’espace africain anglo-saxon, notamment la maison d’édition Golden Baobab située à Accra au Ghana. Celle de 2015 a récompensé le travail excellent réalisé par les éditions Donniya du Mali.

Responsable des éditions Barkane @Barkane Edition

La foire de Bologne décerne également le Bologna Ragazzi Digital Award, prix décerné à des applications et des livres numériques innovants destinés aux enfants. A ce jour, aucune maison d’édition africaine ne l’a reçu.
L’édition jeunesse camerounaise est donc peu visible sur le marché africain et international du livre de jeunesse. Les éditeurs, faute de subventions, peinent à participer aux manifestations internationales ou africaines qui contribuent pourtant à une légitimation de ce secteur éditorial.
« Nous n’avons pas une grande visibilité dans le Nord. Pourtant, à côté des quelques auteurs africains publiés par certaines grandes maisons d’édition françaises, il y a des centaines d’autres auteurs en Afrique », rappelle Dramane Boaré, directeur des Classiques ivoiriens.
Comment changer la donne ?

Pour assurer donc une meilleure représentativité et visibilité des éditeurs jeunesse camerounais (et africains) sur les marchés du Nord et lors des manifestations autour de la littérature jeunesse, des stratégies de diffusion et de distribution innovantes ont été développées tant au Nord qu’au Sud.

Dans les pays du Nord, les organisateurs des foires et salons pourraient davantage soutenir l’organisation collective des éditeurs indépendants en généralisant un système de tarifs préférentiels, assurant ainsi une réelle représentativité de l’édition internationale, permettant aux publics d’accéder à des livres difficilement disponibles en librairies .

L’organisation de stands collectifs « Afrique » permet également de mutualiser l’ensemble des coûts relatifs à un salon, et assure une plus grande visibilité et la circulation de leurs productions sur le marché international.

Un ou deux éditeurs peuvent alors être désigner pour représenter l’ensemble des éditeurs et de leurs productions et s’occupent de la gestion du stand. Cette formule collective permet par ailleurs de pouvoir négocier à plusieurs, des conditions privilégiées avec les salons et foires.
Des événements et des animations pour promouvoir la littérature jeunesse africaine seraient également nécessaires pour créer une dynamique pérenne sur les stands collectifs « Afrique ». Pour cela, un groupe de travail spécifique sur la littérature jeunesse au sein des collectifs comme Afrilivres ou APNET pourrait être créé.

Enfin, des échanges d’expérience entre des foires du livre comme celles de Bologne et des foires en Afrique favoriseraient une meilleure connaissance mutuelle des marchés du Nord et du Sud, et permettraient la mise en place de programmes complémentaires et pérennes pour les éditeurs.


[1]
C’est la plus vieille et la plus prestigieuse foire du livre consacré aux
livres jeunesse. Elle avait été installée pour la première fois en 1963.

Note

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