SEED, promouvoir le développement durable au travers du livre et de la lecture.

L’association Solidarité pour l’Environnement et le Développement Durable, créée en 2007, a pour mission de renforcer les capacités des populations à trouver des solutions pragmatiques aux défis de l’environnement et du développement les plus pressants. Pour cela, SEDD s’est fixé comme objectifs de promouvoir l’économie verte, le développement durable, la préservation de l’environnement et l’écotourisme. Elle a en même temps comme buts de promouvoir le livre et la lecture, et partant la création de bibliothèques scolaires et publiques, et d’initier les jeunes TIC.

SEDD[1] poursuit trois programmes à destination des bibliothèques et pour la promotion du livre. Le premier, celui des bibliothèques mobiles solidaires, est développé par le coordonnateur Christophe Tadja[2]. Il s’agit de caisses contenant des livres de différents âges qui sont déposées dans les salles de classe.  Toujours à des fins de familiarisation avec l’univers de la bibliothèque et du livre, ils organisent, chaque rentrée académique, des visites obligatoires à des fins informatives, à environ 350 élèves[3] des classes de 6ème. Certains intègreront ainsi plus naturellement, les « Club Lecture » ou « Club Bibliothécaire » du Collège Vogt.

Le second programme, est l’organisation d’ateliers de renforcement de capacités et d’échanges d’expérience entre les bibliothécaires. Il s’agit de formations sur les pratiques de gestion en bibliothèque, notamment le système de classification Dewey ou sur « le rôle des bibliothécaires scolaires dans la mise en œuvre de l’Approche Par Compétence ». Au terme de ces ateliers, des « réseaux de bibliothèques scolaires » sont établis pour assurer la pérennité des échanges.

Concours de la meilleure Bibliothèque du Cameroun

Le troisième programme, à caractère évaluatif est le « Concours pour la meilleure bibliothèque du Cameroun », qui vise à récompenser les meilleurs centres de documentation. D’après le promoteur de cet évènement, ce concours a permis aux responsables des bibliothèques de comprendre la place importante qu’ils jouent dans la mise en œuvre d’une éducation de qualité prônée par les Objectifs du Développement Durable (ODD) et auquel le gouvernement camerounais en plein chantier dans la réforme de son système éducatif a souscrit. Christophe Tadja déplore cependant l’absence de soutien étatique : « Bien des personnes rencontrées dans la perspective d’un partenariat pour le prix, y compris de hauts cadres du ministère des Arts et de la Culture, nous ont fait savoir que notre projet était inutile. »

 

Le coordonnateur du SEDD révèle également que « le contact n’est pas très aisé[4] » avec le responsable du Centre de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC), qui n’a jusqu’alors participé à aucune des éditions du concours. Cela remet sur la table du débat, la faible coopération entre les bibliothécaires et acteurs du métier du livre au Cameroun. L’ Association des Bibliothécaires, Archivistes, Documentalistes et Muséographes du Cameroun (ABADCAM), association fédératrice des acteurs des Bibliothèques semble avoir une politique excentrée et semble être davantage à la quête d’une visibilité internationale que nationale. Apparemment, ils ne s’intéressent que très peu aux initiatives locales et leurs actions semblent se concentrer davantage sur les plaidoyers que des initiatives concrètes facilitant l’accès au livre pour les jeunes.

Depuis 2017, les actions du SEDD se sont beaucoup plus orientées vers la pérennisation des acquis. Ils se sont davantage investis dans le renforcement des capacités des bibliothécaires scolaires. Et les résultats sont visibles à travers les sollicitations des uns et des autres. Chaque année, ils ont au moins deux ateliers pratiques qu’ils organisent. Les photos ci-après matérialisent la phase pratique lors de l’atelier qui s’est tenu à Ebolowa le 29 mars 2019.

Entre septembre et décembre 2018, en collaboration, et grâce à un appui financier du Goethe Institut Kamerun, SEDD a mené une étude dans 08 des 10 régions du Cameroun. Cette étude portait sur l’offre en information dans les bibliothèques et centre de documentation au Cameroun. Cette étude visait à faire un état des lieux sur l’offre en information dans les bibliothèques et centre de documentation au Cameroun et des besoins réels des usagers de ces institutions. Les personnes cibles ici étaient les bibliothécaires et les usagers.

 

 

 

 

 

   Quels sont les projets en cours ?

Le projet que nous avons en cours au niveau de SEDD est la mise en place d’une plate-forme de suivi et d’accompagnement des bibliothécaires sur le terrain. C’est ce qui a d’ailleurs accéléré la mise en place du Réseau africain des bibliothécaires scolaires pour pleinement remplir cette mission.

La situation du livre et de la lecture au Cameroun s’est-elle améliorée ?

Si nous parlons du livre scolaire, nous pouvons dire que la situation du livre scolaire s’est améliorée, avec les nouvelles dispositions qui ont été mise en place depuis la rentrée scolaire 2018/2019. Mais, parlant du livre pour faire allusion à la littérature en général, nous pouvons dire que malgré les efforts fournis par les éditeurs locaux, la situation du livre ne s’est pas trop améliorée, étant donné que cet outil reste encore réservé à une élite. Les jeunes n’ont pas toujours un accès facile aux livres, et le livre n’est pas toujours une priorité pour le gouvernement et les parents.

 

Notes et références

[1] Pour justifier le lien qu’il y a entre une association de développement durable et la promotion des bibliothèques et partant de la lecture, le SEED s’explique : « Il n’y a pas de développement vraiment durable sans accès au savoir pour tous, sans préservation de la diversité culturelle et sans garantie des libertés fondamentales pour tous. Ces trois conditions sont nécessaires pour permettre l’avènement de citoyens libres et engagés, et leur réalisation nécessite un large partage des capacités de lecture. Outil majeur de lutte contre l’illettrisme et de diffusion de l’information écrite, les bibliothèques devraient donc avoir une place centrale dans les projets de développement durable. Elles sont à la fois « objet » du développement durable par les recherches menées autour de la réduction des consommations d’énergie et des pollutions liées à leur fonctionnement, mais aussi « sujet » du développement durable, en ce qu’elles peuvent contribuer à créer les conditions de l’équité sociale et de la liberté politique en respectant au mieux l’environnement. Le livre est donc un vecteur important de la transformation culturelle de la société, et la bibliothèque une partie prenante incontournable et légitime du développement durable». Cf. : « (18) Solidarité pour l’Environnement et le Développement Durable – SEDD »,  [En ligne : https://www.facebook.com/Solidarit%C3%A9-pour-lEnvironnement-et-le-D%C3%A9veloppement-Durable-SEDD-1682996205291936/]. Consulté le 4-03-2017.

[2] Christophe Tadja, coordonnateur du SEED, conclue l’article-bilan sur le concours des meilleures bibliothèques en ces termes : « Bien des personnes rencontrées dans la perspective d’un partenariat pour le prix, y compris de hauts cadres du ministère des Arts et de la Culture, nous ont fait savoir que notre projet était inutile. Nous pensons, bien au contraire, qu’il est urgent que la conscience collective s’active davantage et que les retards soient rattrapés. Et cela passe par une éducation de qualité, la vraie : celle qui dote véritablement à chaque établissement scolaire, universitaire, mairie, d’une bibliothèque digne de ce nom ». Cf. : Viviana QUINONES, « Un prix pour dynamiser les bibliothèques du Cameroun | Takam Tikou », [En ligne : http://takamtikou.bnf.fr/vie_des_bibliotheques/2016-11-18/un-prix-pour-dynamiser-les-biblioth-ques-du-cameroun]. Consulté le28 février 2017. à 02h51.

[3] Entretien avec Christophe Tadja, Yaoundé : Collège Vogt, 15 Aout 2016. Collection personnelle.

[4] Entretien privé avec Christophe Tadja, Yaoundé.

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