Archive mensuelles: août 2019

Qu’est ce qu’un écrivain pour la jeunesse ?

Kidi-Bebey_écrivaine-pour-la-jeunesse, muna kalati

Pour que le métier d’écrivain jeunesse acquiert une légitimité culturelle, il faut que la critique les étudie, que l’université les consacre, que des chercheurs les analysent. Contrairement à d’autres minorités qui se définissent par la langue, le genre, la religion, le handicap, (etc.), les enfants, minorité transitoire, ne se constituent pas en lobby, mais dépendent entièrement de leurs porte-parole adultes. Surgit donc la question attendue : qu’est-ce qui pousse à écrire pour les enfants, dans ce « territoire littéraire à faible valorisation institutionnelle et à forte surveillance idéologique » ?

La faiblesse des réseaux de distribution et de diffusion de l’édition jeunesse en Afrique francophone

réseaux distribution livre jeunesse

Dans cette analyse, je présente brièvement trois initiatives contemporaines de diffusion-distribution de l’édition jeunesse africaine (camerounaise) sur les marchés occidentaux : celle d’Afrilivres, de l’Oiseau Indigo et de l’Alliance Internationale des Editeurs Indépendants. Pour faciliter une meilleure circulation des livres africains, nous proposons la création d’une centrale en Afrique qui soit un point de convergence des ouvrages des éditeurs africains et une structure de distribution au Nord, qui soit un espace de vente et une vitrine des littératures africaines. Cette structure devrait être soutenue au départ par les pouvoirs publics.

La présence et visibilité du livre pour enfants dans les librairies au Cameroun

Présence du livre jeunesse librairie cameroun

Le désir de livres est vraiment présent au Cameroun, des initiatives comme la Caravane du livre ont pu le montrer. Mais c’est la diffusion qui est problématique. Le public attend tous types de livres mais à des prix abordables. Par ailleurs, deux impératifs s’imposent au libraire : le besoin d’être informé et la possibilité d’être approvisionné de façon simple. Si ces conditions ne sont pas réunies, l’élan du libraire est freiné. L’amélioration et la structuration du marché littéraire camerounais dépend majoritairement de la volonté politique du Gouvernement. Or l’Etat camerounais, peine à investir dans l’industrie du livre, non par faute de moyens mais par crainte d’un « éveil des consciences et des mentalités grâce au pouvoir subversif de la connaissance et des savoirs que procurent les livres ». Il est donc important de changer les mentalités, les priorités et les approches pour faire du livre, une denrée accessible et intégrée à la vie culturelle de la nation camerounaise.