Le Vieux Char: un éloge à la paix par Vincent Nomo

Publiée en 1996 aux éditions Akoma Mba, le Vieux Char de Vincent Nomo, met en exergue un pays qui a subi les conséquences de la guerre, notamment le village Bissa. Cette guerre a détruit le sol empêchant donc la production des récoltes. L’auteur en 24 pages nous relate une histoire insolite tout autant qu’envisageable sur le char, engin de guerre de pillage de la nature et de la race humaine.

La difficulté à labourer les sols et l’ennui des soldats derrière un char qui attend la prochaine guerre, amènera ces derniers à aider le village avec leur char. L’engin ne servira plus pour la guerre, mais désormais servira à faire les champs. L’auteur nous emmène à nous poser la question suivante : comment un vieux char destiné à l’origine à tuer est « recyclé » et retapé pour redonner la vie à un village ravagé par la guerre ?

Voilà comment les villageois vont joindre une vieille charrue et un vieux char pour former les sillons. Les récoltes sont prometteuses, malgré la pénurie en eau, car le char aide également à ravitailler les villageois en eau en l’aide de son treuil.

Au moment des récoltes, l’auteur nous présente une image saisissante de cet engin transformé en tracteur tirant une remorque pleine de fruits et légumes, en machine qui fait actionner la pompe du village, ou tout simplement, en séchoir à linge… Le résultat est impressionnant : le sol aride, rendu stérile par les mines et les bombes, verdit au fil des temps et devient finalement un champ où poussent « de jeunes plants, pleins de vigueur et de bonne santé ».

Après une aussi grande récolte, c’est la fête au village, fête à l’africaine avec des Tamtam, le griot… fête pour jubiler la paix. L’histoire s’achève par le départ des soldats avec le vieux char dans l’espoir qu’il ne fasse plus de guerre. Voilà donc que le vieux Char a servi à faire renaitre la vie dans le village Bissa.

 Cet album est basé sur une histoire vécue lors de la guerre en Angola. L’auteur traite de la tolérance et du travail en groupe, en synergies de forces. C’est une aspiration pacifique, une vision très personnelle et très convaincante que Vincent Nomo nous relate, en conviant les enfants, les générations à venir, à penser autrement le développement technologique, pour que l’homme cesse de militariser la science. L’œuvre s’achève par une phrase faisant éloge de la paix :« maman, maman, la paix c’est merveilleux » p. 21.

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