MK Talk 12 – Le rôle des centres de jeunesse dans l’alphabétisation et le numérique en Afrique

Ce fut un moment interactif, riche en partage autour des activités des maisons de jeunes au Togo et au Cameroun. 

Le panel était composé de:

  • Mr TAMUKAM Roger, Coordonnateur de l’Association pour l’Unité et le Développement de l’Afrique (AUDA) depuis dix ans, il travaille à la promotion de la lecture auprès des jeunes. 
  • Mr Doka Emmanuel, spécialiste en sciences de l’information documentaire et numérique, chargé de la bibliothèque de la maison des jeunes de Lomé et animateur culturel. 
  • TCHADJOBO ABDOU-ZARIFOU, Ingénieur pédagogique, spécialiste en sciences de l’éducation et animateur socio-éducatif à la maison des jeunes de Lomé.

L’alphabétisation constitue un droit humain et est essentielle pour améliorer la vie des individus. Cependant, environ 750 millions de personnes de plus de 15 ans n’ont toujours pas de compétences de base en lecture et en écriture. Les deux tiers d’entre eux sont des femmes. Selon les Nations Unies, l’alphabétisation des femmes n’a progressé que de 1 % depuis 2000. De plus, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud ont les taux d’alphabétisation les plus bas.

Cette question demeure donc le souci des États et des organismes internationaux. Il faut préciser que la Politique d’alphabétisation et l’Objectif de développement durable 4 » s’inscrivent au sein de l’initiative de l’Alliance mondiale pour l’alphabétisation.

Récemment, L’UNESCO et Microsoft ont uni leurs efforts pour le projet de promotion de l’alphabétisation mobile (AMLL) qui encourage l’utilisation de la technologie pour améliorer les compétences d’alphabétisation. Dans cette logique, on questionne l’apport des maisons de jeunes dans la promotion de l’alphabétisation au niveau méso.

Comment renforcer les programmes d’alphabétisation des jeunes ? Comment veiller à ce que de tels programmes améliorent les compétences d’alphabétisation ainsi que l’intégration du numérique dans l’éducation ?

Telles sont les questions que nos panélistes ont abordées lors de ce webinaire.

  •  Des statistiques sur l’état des lieux de l’alphabétisation en Afrique

– En Afrique subsaharienne, plus d’un adulte sur trois ne sait pas lire et 22 % des enfants d’âge primaire ne sont pas scolarisés. Un nombre stupéfiant de 48 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans sont analphabètes. En fait, 182 millions d’adultes sont incapables de lire et d’écrire. 

– L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud ont les taux d’alphabétisation les plus bas, les plus pauvres et les plus marginalisés sont les moins susceptibles de savoir lire et faire des sommes de base.

Figure 1 : Proportions (%) d’analphabètes d’après les estimations de l’ISU et celles qui sont tirées des enquêtes de ménages

Figure 1 : Proportions ( %) d’analphabètes d’après les estimations de l’ISU et celles qui sont tirées des enquêtes de ménages6
  • Est-ce que les maisons de jeunes réalisent réellement des avancées significatives en termes d’alphabétisation en Afrique ?

Plusieurs activités étaient au programme à l’instar des formations en initiation informatique, multimédia, infographie, montage de site web et vidéo en plus de la campagne numérique aux travers des affiches sur Facebook. 

Les nations africaines ont compris l’importance des maisons de jeunes et contribuent à leur expansion. En 2021 au Togo, il a été organisé des activités allant dans le sens de la thématique de la célébration de la journée internationale de l’alphabétisation basée sur le thème: l’alphabétisation pour une reprise axée sur l’humain, réduire les fractures numériques.

De plus, face aux mesures pour endiguer la maladie de la COVID-19, les maisons de jeunes  de Lomé ont dû s’adapter à la réalité en transportant les activités de la maison en ligne. Il a été organisé plusieurs activités en occurrence : l’animation lecture autour des livres, de l’écriture et de la culture, la poésie et le slam.  Nous ne saurons oublier les clubs sportifs où on allie le sport au développement ainsi que des formations sur le numérique, le leadership , etc. Les jeunes ont donc accès aux activités en direct sur leurs smartphones, android avec l’accès à l’internet, en live et en présentielle avec plus de communication via les spots sur les réseaux sociaux autour des activités.

De l’autre côté, l’association AUDA au Cameroun a assuré la socialisation des jeunes et a contribué à leur manière au travers de la lecture, les débats et les conférences , etc. structurant la vision de l’association en accord avec les réalités africaines.

  • Quels sont les impacts du travail des maisons des jeunes sur les jeunes et la communauté ?

Les maisons de jeunesse contribuent essentiellement :

  • Au savoir être : la socialisation des jeunes 
  • À décoder l’information diffusée sur le continent africain et à travailler à relever les défis avec les jeunes
  • Savoir-faire : accroissement des compétences des jeunes au travers des rencontres et des formations de tout genre

Les maisons de jeunes permettent d’assurer des formations et de contribuer au développement des compétences des jeunes. Ainsi, impactés par les activités, les jeunes ont pris goût et acquiert des aptitudes. 

AUDA au Cameroun peut donc se réjouir car à travers les conférences, elle a fait voir l’Afrique autrement sur le plan social et politique aux jeunes à fort impact. Aussi, au travers des émissions radio, l’on sensibilise les jeunes tout en leur donnant les outils pour comprendre les problématiques africaines.

Sur le plan numérique, les jeunes s’orientent sur l’internet, font usage des outils informatiques

à chaque cycle de formation et de façon rotative. Le nombre d’inscrits s’accroît. On enregistre donc  au Togo, plus de 1000 jeunes avec plusieurs participants qui par la suite se lancent dans l’entrepreneuriat numérique.

  • Les problèmes clés ou les barrières à l’alphabétisation sur le continent
  • Le bas niveau d’alphabétisation est un frein pour la transition vers l’alphabétisation numérique. en Afrique subsaharienne.
  • Les maisons de jeunes ne sont pas suffisamment équipées en matériel technologique pour répondre aux besoins croissants des usagers. 
  • l’insuffisance de programmes numériques adaptés aux jeunes non alphabétisés ainsi qu’à ceux souffrant de handicap.
  • Les meilleures solutions appliquées pour réduire le taux d’alphabétisation en Afrique
  • Naissance sur le continent d’une nouvelle vision intégrant dans les programmes d’alphabétisation, des dimensions d’ordre idéologique, politique, économique et social, tout en excluant toutes formes de discriminations ainsi que l’extrémisme violent.

– L’émergence du concept d’apprentissage tout au long de la vie qui prépare au mieux les apprenants à la vie, à la résilience, et à faire face aux défis qui jalonnent l’existence humaine.

  • Le recours aux TIC constitue une des stratégies émergentes d’alphabétisation qui se poursuit dans plusieurs pays.

 – L’alphabétisation par le téléphone portable, les tablettes et les outils technologiques s’est révélée efficace dans plusieurs pays africains (zone du PREPP) pour la prise en compte des apprenants en situation de mobilité ou peu disponibles pour suivre les cours en présentielle.

  • Stratégies « laisser-faire » (l’État délègue l’organisation de l’alphabétisation au privé), au « faire-faire », en passant par « le faire » (responsabilité exclusive de l’État) et le « faire avec » (actions simultanées d’alphabétisation État et privé). 
  • Le « faire-faire » adopté par plusieurs pays se définit comme une stratégie permettant à l’État et à ses partenaires techniques et financiers de se doter d’une clé de répartition fonctionnelle des rôles dans la conception et l’exécution des programmes d’alphabétisation.
  • Recommandation 

D’une part, les pouvoirs publics doivent travailler pour la réduction du coût d’accès à l’internet et à sa vulgarisation tout en dotant les maisons de jeunes de ressources matérielles pouvant faciliter la transition vers le numérique.

Les parents et la société civile doivent, d’autre part, sensibiliser les enfants autour des avantages du numérique et renforcer l’éducation à l’utilisation du numérique avec des programmes permanents de formation en informatique pour les jeunes. Il serait bien que les parents prennent part aux activités des maisons de jeunes pour encourager leur enfant à faire de même. Les acteurs du domaine doivent penser au développement  du volet numérique de la bibliothèque. 

L’éradication de l’analphabétisme implique une meilleure organisation des parties prenantes. Le progrès dans ce domaine se traduit par l’association des différents acteurs aux stades de négociation, de planification, d’exécution, de recherche de financement, de suivi et d’évaluation des programmes d’alphabétisation pouvant faciliter la transition vers le numérique. 

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