Trois (3) néologismes numériques  que  les acteurs de littérature jeunesse  en Afrique doivent maîtriser et exploiter 

Pendant notre formation en ligne en littérature de jeunesse, cursus proposé par l’Université de Liège en Belgique, dans la plateforme Fun Mooc,  nous nous sommes familiarisé à de nouveaux concepts qui ont émergé il y a quelques années et qui ont même pris de l’ampleur au fils du temps, surtout pendant la période du Covid 19. En effet, en plein confinement, il était question pour certains internautes de continuer l’interaction par le numérique d’où l’explosion exponentielle des échanges autour des livres. Déjà, le numérique a  un ascendant certain dans les habitudes générales. Selon une enquête faite  en 2018 par l’association Thermis,  dans le territoire de l’eutrométroploe à strasboourg, sur une population de 733 enfants de 8 à 10 ans, elle a découvert avec stupeur que : « 96% des enfants utilisent internet et seulement 4% n’y vont jamais. Cependant 99% des utilisateurs d’internet sont sur les réseaux sociaux.»[1]

 En Afrique, l’accès à internet est toujours limité. Comme le constate une étude de l’UNICEF en 2020,  près de 9 enfants sur 10 en Afrique et en Asie du Sud-Est n’ont pas accès à Internet. Quand bien même beaucoup parviennent à se procurer un moyen de connexion,  les contenus ne sont pas toujours éducatifs, ils sont davantage ludiques et même toxiques dépendamment des plateformes visitées. Concernant les néologismes numériques, il nous revient dans cette réflexion de répondre aux questions suivantes :  quels sont ces concepts ? Comment ont-ils pris de l’ampleur ? En quoi peuvent-ils booster la  littérature de jeunesse en Afrique ?

      Booktubeur

Le concept booktube est utilisé pour la première fois dans les zones anglophones et hispanophones  , nous sommes en 2016.Un booktubeur est un internaute qui  à travers youtube, diffuse des vidéos de ses lectures.  Les booktubeurs sont considérés comme des nouveaux critiques littéraires qui attirent les regards sur un livre donné. Aussi, ce sont des passionnés de lecture qui partagent leurs expériences littéraires. On peut aussi considérer un booktuber comme un internaute qui poste des vidéos littéraires sur You Tube. Ce sont des influenceurs qui à travers des vidéos, parfois à caractère humoristique,  attirent des téléspectateurs à travers le monde. Selon une enquête de l’édition express, c’est un secteur où les femmes sont très engagées. Par ailleurs, l’un des objectifs sur booktube est de toucher les plus jeunes d’où la littérature de jeunesse.  Le concept n’est pas encore vraiment connu en Afrique subsaharienne. En Afrique du Nord par contre, ils ont le vent en poupe déjà qu’ils étaient assez mis en valeur lors de la foire internationale du livre en 2018.

      Booktockeur

 A côté des booktubeurs, nous avons les booktockeurs. Acteurs du livre sur tiktok, ils ont surtout pris de l’ampleur pendant la période du Covid 19. Le phénomène booktok s’est répandu pendant le confinement entre 2020 et 2021. Durant cette période, l’hashtag booktok a été utilisé plus de 7 milliard de fois : ce qui est assez impressionnant. A la différence de booktube, les vidéos sur cette plateforme sont plus courtes et plus accessibles. Bien que Tiktok existe seulement depuis 2016, il fait des ravages sur le plan international ;  le phénomène booktok est venu pallier une tendance selon laquelle, les jeunes lisent de moins en moins. D’où la flambée de cette pratique en ligne. Cet argument est partagé par la revue hypothèse qui dans un article a rappelé que la littérature de jeunesse est à l’honneur sur tiktok.

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En Afrique Tiktok a pris un élan remarquable. A titre d’illustration, Cette plateforme s’est alliée à l’organisation de la récente CAN (Coupe d’Afrique de Nations)  au Cameroun pour mobiliser plus d’internautes et étendre sa renommée. Un  Coup d’essai qu’on peut légitimement qualifier de coup de maître.  Et si les tictokeurs africains devenaient booktokeurs des livres jeunesse ? Les éditeurs jeunesse pourraient  explorer cette opportunité pour davantage promouvoir leurs productions, étant donné que les jeunes s’intéressent de moins en moins aux livres et sont plus présents dans les réseaux sociaux. Cette stratégie communicationnelle permettrait d’attirer de l’attention vers les livres pour enfants.  Avant que Booktok ne voie le jour, nous avons eu bookstagram.

      Bookstagrameur

Un bookstagrameur est celui-là qui utilise le réseau numérique instagram pour poster des images et vidéos sur des œuvres données.  Pour ce qui est du concept bookstagram, il faut noter que : « c’est une alliance de la photographie et de la littérature : son principe est de partager sa passion pour la lecture à travers des images. Publier la photo d’un ouvrage via bookstagram, c’est renouer avec l’objet livre : tenir compte à la fois de son aspect physique et de son contenu pour le mettre en valeur. »[2] Il est, comme dans les cas précédents, question de valoriser un livre et susciter de l’intérêt tout autour. En effet, tout part du succès d’instagram qui a par la suite a vu naître le hashtag bookstagram. C’est un secteur où les femmes sont très influentes.

En 2019 par exemple, Fabrice Tassel dénombrait plus de 20.000 boustagrameuses pour une poignée de bookstagrameurs. La littérature de jeunesse en Afrique est d’ailleurs un domaine où les femmes excellent. A ce titre, dans un article récent, nous avons détecté les  amazones de la littérature de jeunesse en côte d’ivoire. Il est donc question pour la nouvelle génération plus connectée aux réseaux sociaux tels que instagram, de saisir cette opportunité pour étendre les œuvres africaines de jeunesse. C’est une perche tendue à ces amoureuses et amoureux de la littérature qui ne savent pas comment partager leurs passions. Une fois que cet autre support de communication sera actionné, une communication plus accrue sur les livres jeunesse en Afrique sera à l’ordre du jour.

 En définitive, nous constatons que le numérique étant au centre du monde actuel, des concepts nouveaux de Booktubeur, ensuite bookstagrameur enfin booktokeur ont vu le jour. Ces profils  pourraient réellement booster la littérature de jeunesse en Afrique. Il faudrait plus que jamais s’ y lancer.

 Quel concept penses-tu être le plus adéquat pour le contexte africain ?


[1] https://www.themis.asso.fr/internet-et-les-reseaux-sociaux-lutilisation-des-8-10-ans-en-chiffres/

[2] https://www.lettresnumeriques.be/2018/06/29/bookstagram-la-communaute-litteraire-dinstagram/

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