Un dimanche, une famille : le nouveau concept de terrain  de Muna Kalati

Précédemment, nous avons  produit un article  qui exaltait la richesse des comptines pour les enfants en termes de contenus culturels et historiques. Bien avant cette réflexion, des  chercheurs se sont penchés sur la question.  C’est notamment le cas de Keziban Tekşan[1] et de Mina Akhavan Tavakoli[2].  Le premier a démontré  qu’il était plus facile d’utiliser les comptines comme support didactique de la phonétique et comme un moyen d’acquérir la compétence en lecture en rapport avec  la fluidité. Nous situant dans la continuité des travaux précédents, désireux de passer de la théorie à la pratique, nous avons mis sur pied le concept un dimanche une famille qui est une sorte d’application sur le terrain des données théoriques en rapport avec les comptines. A travers la méthode d’enquête  de la  sociologie, en plus de confirmer les  assertions faites dans notre précédent article, nous avons  détecté des axes supplémentaires qui pourraient être explorés par les parents et les centres pour enfants. Pour mener à bien notre recherche, nous nous sommes rendus dans 4 familles  et un orphelinat (l’orphelinat Cibaeva à Dschang). Il était question de faire jouer les comptines dans un premier temps. Par la suite, il fallait observer la réaction des enfants. Nous sommes donc parvenus à certains résultats.

      Les comptines africaines permettent aux enfants d’améliorer leurs  acquis sur la faune

En effet, dans le déroulé des comptines  africaines, l’on constate régulièrement la présence des animaux.  Cette présence permet aux enfants de les nommer dès qu’ils apparaissent sur l’écran. Il est arrivé que ces derniers découvrent certains pour la première fois. C’est à ce moment précis qu’intervient le parent pour assurer la transmission de ce nouveau savoir.  Pour cela,  Ils doivent visionner les comptines en premier et s’assurer qu’ils maîtrisent les noms de tous les animaux qui apparaissent sur l’écran. Au moment du visionnage par les enfants, ils pourront facilement intervenir en cas de difficulté. Ainsi, il sera plus facile pour les tout-petits de retenir  ces nouveaux noms. En plus, il se peut que les enfants se servent de leur esprit de créativité pour générer des chants qui leur permettront de fossiliser ces acquis.  A titre d’illustration, dans la comptine Amina[3], en arrière-plan, des animaux apparaissent et disparaissent.

Les comptines stimulent l’apprentissage de la chorégraphies  et  le rythme

  Baleghizadeh et  Dargahi[4] ont affirmé :  “Nowadays, research shows that nursery rhymes have much more to offer than just an entertaining value.” Autrement dit,  au-delà du côté purement ludique, il y a d’autres aspects à explorer dans les comptines.   Quand il s’agit généralement d’exécuter des chorégraphies, les danseurs professionnels font généralement preuve de technicité et de maîtrise. Avec certaines comptines plutôt animées, il y a des chorégraphies dansantes qui  ne manquent pas de susciter chez les enfants,  une jouissance esthétique. Bien plus, il peut arriver que la vidéo ressemble à une sorte de tutoriel à travers laquelle on peut simultanément répéter les instructions ou indications. A titre d’exemple, nous pouvons noter la comptine : tape des mains[5] . Nous pouvons retrouver la dimension chorégraphique dans la comptine je fais danser mes cheveux[6].

Les comptines africaines permettent de chasser la timidité chez les enfants

 Lors de nos différentes séances, nous avons constaté que les comptines africaines avaient le pouvoir de chasser la timidité chez les enfants.  Dans une famille à la capitale politique du Cameroun,  constatant que les enfants étaient plutôt timides, nous avons pris le soin de leur faire regarder les comptines. Au regard des différentes vidéos animées, ils se sont mis à réagir progressivement et interactivement  à ce qu’ils visionnaient. Cette approche a permis de favoriser un meilleur contact. Ces comptines opéraient  en ce moment comme un stimulus pour les participants.  Après un long moment de silence et d’observation, ils se sont mis à suivre le rythme  observé dans la comptine mamaoulé[7] en tapant dans leurs mains.

En définitive, il ressort de notre analyse qu’à travers le nouveau  concept un dimanche, une famille, nous avons par le biais  des séances ludo-éducatives avec les enfants, détecté de nouveaux moyens d’exploitation des comptines africaines. Au regard de ce qui précède, nous pouvons affirmer que les parents et les centres d’éducation ont désormais  un corpus accessible pour actualiser la formation des enfants.

Connaissez-vous un exemple de comptine africaine dans lequel on peut retrouver un des points développés ci-dessus ?


[1] Teksan, K., & Yilmaz-Alkan, Z.  (2020). The Effects of Nursery Rhymes on Improving  Reading Fluency of Fourth-Grade Primary School Students. International Electronic Journal of Elementary Education, 12(4), 391-399

[2] Pourkalhor, O., & Tavakoli, M. (2017). Nursery rhymes and language learning: Issues and pedagogical implications. International Journal of English Language & Translation Studies, 5(1), 111-116.

[3] https://www.youtube.com/watch?v=QCquKGq2Sc4

[4] Baleghizadeh, S., & Dargahi, Z. (2010). The effect of nursery rhymes on EFL children’s reading ability. New England Reading Association Journal, 46(1),  p 71

[5] https://www.youtube.com/watch?v=FEEJwYkmunI

[6] https://www.youtube.com/watch?v=vNXNVl5BAb4

[7] https://www.youtube.com/watch?v=Uw3pprp_btw

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