« Il faut reprendre l’habitude de conter…»,  Inongo-vi-Makome

Inongo-vi-Makomé est né à Lobé-Kribi et a fait ses études primaires entre son village natal et Ebolowa. Il a commencé ses études secondaires à Santa Isabel, actuel Malabo. Après la Guinée équatoriale, il est parti en Espagne où il a terminé les études secondaires et commencé les études universitaires à la faculté de médecine de Valence. Il ne termine pas cette carrière et se dédie à la littérature. Il est auteur de plusieurs livres de contes: Akono et Belinga; Bemama; La Princesse des chutes; Les rois de Zokala; L’assemblé des animaux d’ Afrique, etc.; des éssais: L’Espagne et les noirs africains, etc. Romans: Rebeldía; Issubu; Mam’enying, etc.; des livres de  théâtre: Muna Anyambe; Bwee o Ititi; Los descendientes,  pour ne citer que ceux-là.

Entretient réalisé par Labou Hermann, pour Muna Kalati. 

Comment s’est passée votre première expérience avec les livres et la lecture ? *

Ma première expérience était lors de mes débuts à l´école dans mon village. Mais après, au fur et à mesure que je prenais de l´âge, j’ai commencé à lire d’autres livres, surtout quand j’ai commencé l’enseignement secondaire à Santa Isabel (Actuel Malabo, capitale de la Guinée Equatoriale).     

Les premiers livres sont ceux qu´on nous proposait pour lire à l´école : Mamadou et Bineta, etc.  

 Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre carrière ? Pourquoi vous êtes-vous intéressé au monde du livre pour enfants ? Est-ce un choix ou un coup du sort ? *

Je ne peux pas dire exactement que je me suis intéressé ou que je m’intéresse comme tel aux livres pour enfants. J´ai toujours reconnu que ce sont nos contes traditionnels africains qui m’ont inspiré et qui m´inspirent pour écrire.Et dans ces contes, je ne trouve pas seulement que c’est pour les enfants, sinon pour tous les publics. Du  moins c´est ma façon de les voir.

Quels sont les difficultés et les obstacles que vous avez rencontrés ? L’accès aux éditeurs a-t-il été facile ? Est-il possible de vivre uniquement de cette profession ?

J´ai rencontré beaucoup d’obstacles partout, mais j’ai résisté. Il n’est pas facile d’en vivre,  et je peux dire que je ne vis pas de ça. Je ne savais pas que j´allais me dédier à écrire. Je faisais des études de médecine à Valence (Espagne). J´ai eu mon premier fils étant étudiant et chaque soir, je lui lisais les contes. Mais avec le temps, il ne voulait plus un seul, ni deux, sinon plus. Et la personne que le sommeil attrapait c’était moi. Alors un jour j’ai décidé de lui conter un conte africain. En le contant, je chantais. Du coup il s´est endormi. Alors comme je ne me souvenais plus de beaucoup d´autres, un jour j´ai demandé à une amie et voisine Équato-Guinéenne de me conter un. Elle l’a fait. Quand je suis arrivé à la maison j´ai pris un papier pour l’écrire afin de ne pas l´oublier. Mais dès que j´ai mis le premier mot, j’ai eu une sensation que je ne sais pas comment l’expliquer. C´est comme ça que tout a commencé. Comme j’étais en Espagne pour  mes études secondaires et universitaires je les avais faits en espagnol, c’est donc avec cette langue que j´écrivais. 

Comment  faites-vous la promotion de vos livres ? Quelle est la réception de votre travail auprès du public ?

Je peux dire que je ne fais aucune promotion de mes livres. Il est vrai, quand on me sort un j’affiche sa photo, je partage mais en réalité, je ne fais aucune promotion à proprement parler. 

Combien de livres pour enfants avez-vous publiés à ce jour ? Pouvez-vous les citer ? Aimeriez-vous que Muna Kalati fasse une analyse de ces livres ?

Tous mes contes appartiennent à la collection qui porte le nom de : “Histoires  d’une forêt africaine pour Muna”

Quel fut l’impact du COVID sur votre travail  Quelles mesures avez- vous développées pour vous adapter ? 

Le COVID a impacté tout le monde. J’ai développé les mesures  qu’on demandait à tout le monde de prendre. “L´emprisonnement obligatoire sans délit”,  C’est ainsi que je nomme  ce que les autres appellent confinement. Néanmoins cela  m’a permis d’écrire deux livres au Cameroun comme en Afrique.  

Le secteur du livre pour enfants est peu connu du grand public et surtout des parents. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Je ne saurai pas vous donner une explication sur ça. Comme vous le  savez, même si je vais au Cameroun régulièrement,  je vis depuis longtemps à l´étranger.

Quelle est votre vision de l’avenir de la littérature pour enfants dans votre pays ?

Je souhaite qu’elle soit bonne. On essaie de travailler tous ensemble pour la faire évoluer. Il faut reprendre quelques coutumes du passé qui n’étaient pas si néfastes comme on croit. Il faut reprendre l’habitude de conter les contes, pas seulement les soirs dans les villages, mais aussi surtout dans les écoles. Moi je vis de ce métier ici en Europe. J´ai parcouru beaucoup de villes d´Espagne et quelques autres pays d´Europe, à conter les contes. C´était notre littérature, mais elle a disparu chez nous. Je crois qu’on doit récupérer cette culture à partir des enfants.     

Comment voulez-vous contribuer au projet Muna Kalati ? 

Selon ce qu’on pourra me demander de faire et que je pourrais faire.

Un dernier mot?

Courage, bonne chance à tous et merci.

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