Pourquoi ce site ?


Durant toute notre enfance, nous avons baigné dans le stéréotype selon lequel les africains n’aiment point la lecture, le livre étant le meilleur endroit pour cacher un Trésor à un Noir.

Nous avions de la peine à nous y retrouver car nous connaissions les délices et les merveilles que procure la lecture. Mais ce stéréotype a ceci de dangereux qu’il encourage implicitement les jeunes africains à se désintéresser de la lecture et occulte ceux-là qui sont d’avides lecteurs.

Durant notre enfance, nous avons majoritairement nourri notre imaginaire avec des œuvres importées d’Ailleurs. Le Magazine Picsou, les Bandes Dessinées ZEMBLA, Rodéo… ont été les principaux livres que nous avons lus. Et cela évidemment, va impacter notre représentation du monde et notre représentation au monde.

Les problèmes que posent la littérature enfantine ne sont certes pas nouveaux et l’équipe Muna Kalati ne prétend pas les avoir découverts. Mais nous souhaitons apporter notre concours à tous ceux qui s’y intéressent – bibliothécaires, chercheurs, éducateurs et parents.

Muna Kalati, en duala, cela renvoie au « livre pour enfant », est né de cette volonté de faire du livre et de la lecture, une activité ludique qui s’insère naturellement dans les pratiques quotidiennes au Cameroun et en Afrique. Nous voulons apporter, par ce moyen sur qu’est la lecture, une réponse aux questions que l’enfant africain se pose à mesure qu’il se mêle davantage à la vie de l’univers et aussi à la société dont il fait partie.

Avec le livre, c’est déjà un continent qui se découvre, des ouvrages scolaires et parascolaires à la galaxie très riche des ouvrages de loisirs, historiettes, récits, contes et romans, albums d’images, livres animés, abécédaires et livres de jeu… Nous nous appliquons ainsi à établir des listes d’ouvrages choisis avec le souci d’écarter ce qui est médiocre et vulgaire. C’est là une tâche difficile. Le bibliothécaire, souvent isolé, et dont les taches sont lourdes, n’a pas le loisir de lire tous les livres qu’il propose aux enfants. Nous nous préoccupons de ce problème ; grâce au dévouement de plusieurs de ses membres l’analyse des livres d’enfants qui paraissent est faite avec soin. Parmi les fiches analytiques, les nouveautés les plus intéressantes seront regroupées pour former dans notre magazine trimestriel Muna Kalati.

Notre vision est de faire vivre le livre jeunesse et d’en faire une vivre pour la jeunesse. Cette vision se manifeste à travers notre:

– Passion – Nous sommes passionnément engagé dans la promotion de l’industrie africaine du livre pour enfants.
– Équité –  Nous nous adressons à tous les acteurs de l’édition jeunesse et à tous les groupes d’âge des lecteurs.
– Intégrité – Nous donnons accès à une information de qualité et fiables provenant d’organisations et d’individus du secteur jeunesse.
– Soutien – Nous organisons des concours pour encourager les écrivains et répondons aux commentaires et aux demandes des abonnés.
– Diversité – Nous croyons que la littérature jeunesse devrait refléter la réalité et nourrir l’imaginaire de tous les enfants.

Nos objectifs consistent donc à :

–      Contribuer à l’accessibilité du livre (contenu et contenant) chez les jeunes

–      Promouvoir la lecture plaisir via le livre pour la jeunesse.

–      Accroitre la visibilité des auteurs et acteurs de l’édition jeunesse camerounaise et africaine

–      Contribuer à travers la recherche, à la légitimation du livre pour la jeunesse.

Notre but n’est évidemment pas de nous cantonner à l’univers de l’édition, que la revue Takam Tikou, la seule jusqu’alors dédiée au livre jeunesse africain, explore largement. Il s’agit au contraire de s’ouvrir autant que possible à d’autres aspects de la culture de l’enfant africain. On accordera ainsi une place importante aux autres médias : théâtre pour la jeunesse, cinéma pour la jeunesse, programmes télévisés pour la jeunesse, des émissions éducatives aux dessins animés. En somme, chaque grand domaine médiatique possède son versant pour la jeunesse. Ce constat nous oblige à considérer, par-delà la littérature pour la jeunesse, l’existence d’une culture médiatique pour la jeunesse, avec ses stéréotypes, ses motifs récurrents, ses transpositions, adaptations, échanges. Ainsi, loin de nous limiter aux seules productions des médias narratifs, auxquelles nous porterons néanmoins un intérêt particulier, c’est à l’ensemble des objets de la culture enfantine que nous voudrions nous ouvrir.

Nous souhaiterions parvenir peu à peu à cerner les échanges qui se produisent au sein de la culture de l’enfant africain.  Échanges qui se produisent, de manière classique, entre le texte et l’image, au sein des formes littéraires mixtes (albums, bandes-dessinées, livres illustrés), mais aussi de manière plus surprenante dans des textes sans images, dont l’écriture est pourtant influencée par des images et imaginaires collectifs.


 

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