Du syndrome de la page blanche au syndrome de l’écriture : neuf (9) objectifs à atteindre pour guérir

Muna Kalati

Combien de fois vous est-il arrivé de prendre votre stylo ou d’activer votre clavier et de s’en débarrasser sans écrire une phrase, voire un mot ? Combien de fois vous est-il arrivé de penser avoir une idée sublime à coucher sur du papier et de vous retrouver avec une demi-page d’écriture après des heures de réflexion ? Combien de fois avez-vous voulu abandonner mais l’envie de vous faire lire comme vous lisez les autres est restée vive ?  Vous décidez alors après ce questionnement de vous informer sur  comment écrire un article ou un billet. Après des lectures enrichissantes sur les astuces pour écrire, vous vous rendez compte que  vous progresser en savoirs mais restez bloqué  dans votre soif d’écrire. Peut-être que la seule difficulté à  produire est liée au domaine dans lequel vous souhaitez écrire. Il y a des auteurs qui sont aptes à écrire dans plusieurs domaines ou de parler de plusieurs sujets mais ce n’est peut-être pas le cas chez vous car vous êtes particulièrement intéressé par un domaine spécifique. Dans  cet article je vais vous donner quelques techniques pour écrire en prenant comme exemple la littérature.

Connaître  son  centre d’intérêt

Il est important de connaître quel est votre centre d’intérêt. Quel est le domaine qui vous passionne et à partir duquel vous voulez partager vos réflexions ou approfondir vos connaissances? Car, écrire c’est avant tout s’armer de connaissances. Le fait que vous voulez écrire est peut-être dû au fait que vous avez déjà eu à lire des textes dans le domaine qui vous séduit. C’est un domaine qui occupe d’une certaine façon vos pensées et peut être vos actions. Dans le cas de la littérature, vous pouvez décider de  vous focaliser uniquement sur la littérature de jeunesse.  Lorsque le champ est circonscrit, comme un rat des bibliothèques, vous vous mettez à lire sur ce qui a été dit  sur la discipline afin d’éviter de réécrire et  probablement avec moins d’efficacité, ce qui a déjà été dit.

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De l’idée à la lecture et de la lecture à l’idée

Lorsque vous vous mettez à lire, il est possible que vous ayez déjà des idées de thèmes, alors utilisez les mots clés de votre idée pour faire une fouille aussi bien dans les catalogues de bibliothèques que sur les moteurs de recherche. Avec la numérisation, il est plus facile de retrouver des articles, surtout non scientifiques, en grand nombre sur internet. Une lecture vous conduit à ce que l’on appellerait dans le langage scientifique une revue de littérature qui vous permet de faire un état des lieux sur le sujet. Ainsi, vous pouvez à partir d’un texte  sur un sujet décidé d’aller plus loin sur ledit sujet en rédigeant un article. A titre d’illustration, cet article n’est pas le premier sur comment écrire mais la réflexion est orientée vers un domaine spécifique, celui de la littérature. Ces lectures vous permettent soit de conforter vos idées de départ ou de les changer carrément. Vous pouvez donc partir de l’idée à la lecture et de la lecture à l’idée améliorée.

Vos lectures dans la littérature peuvent vous conduire à réduire votre champ et à choisir un sous-genre, par exemple, la littérature de jeunesse. Une fois le choix fait, vous pouvez vous décider à ne faire que des notes de lectures, à ne faire que des analyses thématiques ou alors vous focalisez sur la critique des nouvelles créations.

S’adapter au support de diffusion

Écrivez-vous pour un blog personnel, un magazine, une revue ou alors pour un site web spécialisé dans le domaine de la littérature ?  Chacun de ces moyens de diffusion vous permettra de planifier vos écrits dans le temps. Si  les publications sont quotidiennes ou hebdomadaires, rassurez-vous de ne pas  laisser vos lecteurs dans l’attente. Parce que, si vous écrivez et publiez, c’est avant tout pour être lu. C’est un contrat officieux entre vous et vos lecteurs. Vous pouvez avoir des moments d’absence mais il ne faudrait pas qu’ils soient très longs au risque de faire fuir votre lectorat.

S’accrocher à son bloc-notes

Lorsque  vous êtes intéressé par l’écriture, il vous est difficile de choisir le moment idéal pour être inspiré. Vous pouvez encore choisir le moment opportun pour écrire mais pas celui de l’inspiration. Très souvent, l’inspiration surgit de nulle part et traverse votre esprit comme une fusée. Il faut donc être toujours armé d’un bloc-notes afin de l’immortaliser sur ce support, papier ou numérique. Formulez toujours cette idée  sous la forme d’un thème ou d’une question. Par exemple, vous tombez sur une bande dessinée récemment publiée et du coup vous avez envie d’écrire: comment faire pour être le premier à faire les notes de lecture des bandes dessinées produites par les maisons d’édition en Côte d’ivoire ?

Le bloc-notes doit être régulièrement consulté afin de faire une revue des thèmes ou idées notées. Une idée écrite et jugée obsolète peut se révéler d’actualité  plus tard et vice versa.

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Demander des conseils

Votre envie d’écrire peut être liée à votre goût pour la lecture d’un rédacteur particulier. N’hésitez jamais à contacter une personne dont l’écriture vous séduit pour demander ses conseils. Toutes les personnes ne vous répondront pas favorablement  mais dites-vous qu’il y ‘a toujours des personnes prêtes à vous accompagner. Votre détermination et votre envie de produire doit être supérieure à votre degré de honte, de peur ou de rejet. Il s’agit d’oser, oui osez !

Se faire relire

L’écriture à  ceci de particulier qu’elle exige des règles de grammaire et d’orthographe, du style. Sauf si vous tenez à faire une révolution grammaticale ou orthographique ou vous voulez être à contre courant, vous devez essayer, autant que faire se peut, d’améliorer la qualité de votre texte. Rassurez-vous, peu de personnes sont capables d’écrire sans faute et sans se faire relire.  Il faut toujours se faire relire afin  non seulement de réduire le risque de publier un texte truffé de fautes  mais aussi d’avoir un premier avis sur votre production. Il ne faut pas perdre de vue que la décision de publier, même après relecture, ne revient qu’à vous qui aurez la responsabilité d’assurer les retours des lecteurs.

Publier ou se faire publier 

Si l’on rédige c’est bien pour être lu et pour être lu il faut publier. Si après l’écriture et la relecture vous estimez que votre texte peut être publié, n’hésitez pas à le faire. Avant la sortie de l’article, vous n’avez aucune idée de son impact. Vous ne pouvez donc pas rester dans la posture éternelle de l’améliorer avant sa publication. Il  arrive souvent d’apporter des modifications chaque fois que l’on relit un document. Il faut bien à un moment donné le publier afin non seulement de bénéficier des retours mais aussi de passer à autre chose. La seule raison qui doit freiner la publication d’un article ou bien d’un billet rédigé est le refus de l’éditeur du canal par lequel vous  publiez vos écrits. Les règles des éditeurs  étant  différentes, vous pouvez voir un article ne pas être publié dans le cas où il ne cadre pas avec le protocole du canal de diffusion.

Cultiver le syndrome de l’écriture

L’écriture est similaire à la plupart des activités que nous menons.  À force de répéter une même action, on finit par la considérer comme un jeu. Le fameux syndrome de la page blanche ne peut être traité qu’avec le syndrome de l’écriture.  Il faut avoir l’habitude d’écrire. S’exercer si possible avec tous les styles d’écriture qui sont à notre portée. Ecrire c’est d’abord maîtriser les règles élémentaires d’une langue, à savoir lire et écrire.   L’amélioration de l’écriture est une quête perpétuelle et ne s’estompe qu’avec la mort ou  certaines maladies qui peuvent affecter la pensée ou les membres supérieurs.  Sachez que votre style  s’améliore avec la pratique. Très souvent à la lecture de ses premiers textes, on a envie de nier la paternité, mais il ne faut pas perdre de vue que ce sont ces premiers textes qui ont balisé le chemin pour  ceux qui viennent après.

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Toujours avoir sa banque de textes

L’écrivaine Léonora Miano, lors de la dédicace d’un de ses livres, suite à la question d’un  lecteur sur ses publications qui s’enchaînent, faisait comprendre qu’elle  avait plusieurs textes rédigés et qui n’attendait que le bon moment pour être publiés.  C’est certes une romancière  avec des textes longs et qui demandent plus d’imagination mais cette affirmation de sa  part permet de comprendre que publier régulièrement demande d’avoir une banque de texte. Il s’agit de toujours avoir dans son ordinateur ou  vos supports d’écriture plusieurs textes même s’ils sont inachevés. Il y aura des jours où vous aurez plusieurs idées n’hésitez pas à trouver des moments pour les développer. Peu importe le nombre, faites le car viendront des jours ou  vous ne serez pas à même de produire.  Mais vos lecteurs ou vos éditeurs pourront ne pas vous pardonner. Alors produisez autant que faire se peut afin d’enrichir votre banque de textes inédits.

La particularité d’un billet ou d’un article de blog est qu’il échappe aux canons scientifiques des recherches qui obligent les rédacteurs à lire un certain nombre de textes, d’utiliser des méthodes et des concepts reconnus seulement par les chercheurs du même domaine. Un rédacteur d’articles simples ou de billets a donc moins de restrictions pour produire. Il doit alors saisir cette opportunité pour diffuser sa pensée.

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