Quatre (4)  actions   des  médias   pour orienter l’attention vers  la littérature de jeunesse en Afrique Francophone

Muna Kalati

D’entrée de jeu, lorsqu’on parle de média, il s’agit globalement  de «  tout moyen de transmission et de diffusion de l’information (journaux, télécommunications,  éditions, cinéma etc. »[1]Matthieu Letourneux semble être du même avis lorsqu’il  affirme : « on appelle média un support de diffusion de l’information ; il est donc également la formulation d’une activité humaine : communiquer. »[2] La littérature de jeunesse pourrait en toute légitimité, passer par les médias  pour toucher un plus grand nombre de personnes.  Dans une réflexion passée, nous avons essayé d’apporter des pistes de solutions au niveau  académique pour accroitre considérablement l’intérêt vis-à-vis de la littérature de jeunesse. Nonobstant cette contribution, il reste que pour un travail d’ensemble, et pour plus d’efficacité, l’action des médias locaux s’avère  nécessaire dans le processus de vulgarisation de cette littérature.

Très souvent, le succès d’un projet, d’un évènement dépend fortement de la fréquence de médiatisation. Elle est capitale en ce sens qu’elle oriente les attentions casi-systématiquement vers ce qui suscite de l’intérêt. A titre d’illustration,  la réussite de la récente Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Cameroun est en partie liée à l’impact des médias tout autour.  Au regard de ce qui précède, on peut se poser les questions suivantes : Comment les médias peuvent contribuer dans la promotion de la littérature de jeunesse ? En quoi les radios et les télévisions locales peuvent-t-elles concourir à une meilleure visibilité de cette littérature ?

  Si les médias locaux   accordent un plus grand intérêt à la littérature de jeunesse dans leurs actions de propagande, nous pensons que les lignes vont aussi bouger. Néanmoins,  il ne faudrait point penser  que d’un coup de baguette magique, la situation va s’inverser.  Nous voulons ici mettre en branle quelques stratégies que ces derniers pourraient adopter pour accrocher l’auditoire et donner plus de lumière à la littérature de jeunesse.  Il faudrait déjà rappeler le rôle de la plateforme web Muna Kalati qui abat un travail remarquable dans la promotion de cette littérature. Dans la même lancée, Christian Elongue  nous donnait déjà des indications sur des sites où l’on pouvait facilement trouver des informations sur la littérature de jeunesse. Il faudrait dès lors trouver une sorte de continuité dans cet élan médiatique.

  • Prendre déjà conscience du  rôle diversifié des médias

Il s’agit ici dans un premier temps de  comprendre la responsabilité des médias  dans la culture de masse. En effet,  peut-être on ne le répète pas assez, il faut bien se mettre à l’esprit que les médias ont un rôle déterminant dans la formation en général. S’il est vrai que les  parents ne sont pas au fait de la littérature de jeunesse, ils ont l’habitude de s’informer  à travers les médias  (radio, télévision, presse écrite, etc…) disponibles.  Ils ne ménagent aucun effort pour s’abonner à diverses émissions radiophoniques ou télévisées. Les acteurs de la littérature de jeunesse devraient davantage saisir cette perche qui leur est tendue. Toutefois, il ne faudrait pas le faire sans stratégie  puisque qu’en fonction du média qu’on a  en ligne de mire,  des approches différentes peuvent être engagées.

  • Fusionner les maisons d’édition de jeunesse et les médias

Ici, il ne s’agit pas seulement de mettre en relation les maisons d’éditions existantes avec les médias locaux mais il faut carrément les fusionner.  En toute objectivité,   les hommes de médias à eux seuls, ne peuvent pas répondre présent à toutes les sollicitations déjà qu’ils ont des lignes éditoriales qui influencent très souvent leurs actions externes. En effet, il est envisageable d’avoir au sein des maisons d’édition, une ressource humaine formée à l’art des stratégies médiatiques de  telle sorte que le réflexe de diffusion du savoir va se développer naturellement.  Ceci sera possible à travers des stages dans des structures médiatiques ; une fois que cette culture  est acquise, il sera plus évident d’informer  plus efficacement de la parution d’un livre de jeunesse, des ateliers autour du livre jeunesse entre autres.  La maison d’édition Akoma Mba pourrait si ce n’est déjà fait,  envoyer son personnel dans des radios et même dans des télés de la ville de Yaoundé pour suivre des stages. Elle pourrait à long terme, créer des antennes dans d’autres villes du pays pour une plus grande diffusion  de ses productions.

  • Redynamiser les radios  

 Les radios offrent des programmes très aimés  plus ou moins suivis en fonction de l’intérêt qu’on y accorde. Dans cette lancée,  plusieurs activités peuvent être réalisées    par le concours des structures radiophoniques.  A titre d’illustration,  il est possible d’envisager la  redynamisation des  émissions diversifiées qui allient des points tels que  les contes autour des livres de jeunesse, des citations, la culture générale, les actualités sur les livres jeunesse entre autres. Par ailleurs,  l’apport des parents est indispensable car ces derniers doivent être volontaires et accompagner leurs enfants pendant la diffusion de ces programmes. Ils pourraient même élaborer tout un planning étant donné que c’est une plus-value dans la formation des tout-petits.  A ce prix, l’enfant aura de fortes chances de se familiariser à cet univers.    En outre, à travers les livres audios qui peuvent être diffusés dans des radios, les enfants peuvent aussi entrer en contact avec un nombre considérable des contenus de jeunesse.  Selon  l’équipe Boukinou[3],  ces livres en support audio, non seulement donnent le goût de la lecture aux enfants mais aussi ont un impact positif sur leurs cerveaux.

  • Créer et abonner  les enfants à des programmes télés autour de la littérature de jeunesse
Source de l’image : www.fr.freepik.com

Les enfants africains sont intimement attachés à divers programmes télévisés. Cependant, ces derniers  n’ont parfois rien à voir avec leur histoire et leur contexte socioculturel. D’autres sont même toxiques pour leur éducation.  Dans certaines localités, il y a des chaines de télévision  en quête de notoriété sur le plan régional  et par conséquent,  ils réclament des programmes innovants pour animer leurs plateformes.   Les acteurs de la littérature de jeunesse peuvent s’y rapprocher pour proposer des  activités innovantes. A ce titre nous pouvons citer, entre autres, les séances de  lecture plaisir, de dessin des personnages de livres de  jeunesse,  les jeux autour des livres de jeunesse. Cette stratégie permettra non seulement de toucher un publique plus large mais aussi  de se rapprocher plus directement  des enfants, principaux bénéficiaires de ces programmes.

En somme,  on peut bien se rendre compte que les médias ont  aussi leur rôle à jouer dans l’essor de la littérature de jeunesse en Afrique Francophone. Pour rendre leurs actions efficientes, les acteurs de la littérature de jeunesse doivent pleinement  prendre conscience de cette possibilité et la saisir.  


[1] Dictionnaire antidote Druide informatique inc.
1435, rue Saint-Alexandre, bureau 1040

[2] Chapitre VI. Littérature de jeunesse et culture médiatique

Matthieu Letourneux

[3] https://www.mybookinou.com/blog/lecture/les-bienfaits-du-livre-audio-pour-les-enfants

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.