Création d’une fédération des clubs de lecture au Mali par M. Drissa Coulibaly

Muna Kalati

Monsieur Coulibaly est un Malien d’origine ivoirienne. Après le Certificat d’Études Primaire et Élémentaires (CEPE), il est  rentré au Mali pour poursuivre ses études secondaire et supérieure. Il est aujourd’hui titulaire d’une Maîtrise en philosophie et finalise un Master 2 recherche en philosophie chinoise.  Parallèlement, il intervient dans des lycées en tant que professeur de philosophie et dirige l’établissement Lôniso « Temple du Savoir » à Kati, ville située à 15 km de Bamako

Bonjour M. Drissa COULIBALY!

Bonjour  Narcisse!

Comment s’est passée votre première expérience avec les livres et la lecture ?

J’ai découvert les livres au CP et jusqu’au CM, je ne lisais que les morceaux de textes qu’on retrouve dans les manuels scolaires. Progressivement, j’ai commencé à lire des romans tels que Les frasques d’Ebinto, Sous l’orage ou encore L’aventure ambigüe, cette fois-ci au lycée. Après le Baccalauréat, la faculté de de philosophie m’a orienté définitivement vers les livres.

Quels sont les premiers livres pour enfants que vous avez lus ?

J’ai lu le livre Mamadou et Binéta. C’était difficile pour moi de lire davantage de livres car je n’en n’avais pas. Cette lecture m’a permis d’améliorer mon vocabulaire à travers la conjugaison. C’est un livre véritablement pédagogique.

Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre carrière ? Pourquoi vous êtes-vous intéressé au monde du livre pour enfants ? Est-ce un choix ou un coup du sort ?

Je suis un lecteur; j’anime la « cafés philo » et j’envisage de philosopher avec les enfants pour former les petits Platon, les petits Karl Marx, etc., Il s’agit d’animer des ateliers philosophiques avec les enfants sur les thèmes à première vue banales mais qui vont permettre aux enfants de se mesurer à la discussion. 

Menez-vous des actions pour la promotion de la littérature de jeunesse en Afrique/Mali ? N’hésitez pas à les décrire si nécessaire.

Je suis responsable de club de lecture à Bamako. Depuis une dizaine d’année, nous organisons des rencontres autour des livres de tout genre. Parfois nous invitons des auteurs. Notre auditoire est composé de jeunes (15 ans au minimum), d’étudiant voire des gens qui sont déjà dans la vie active.

Quel fut l’impact du COVID sur votre travail? Quelles mesures avez-vous développées pour vous adapter?

Bon le COVID a ralenti nos activités. Nous avons été contraints de limiter le nombre de participants à nos rencontres; des fois on a simplement tout arrêté.

Au Cameroun comme en Afrique, le secteur du livre pour enfants est peu connu du grand public et surtout des parents. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

J’ai moi-même pris conscience de la littérature de jeune il n’y a pas bien longtemps. Je pense que cela est dû à un problème de communication. 

Que pensez-vous de la situation générale du livre et de la lecture dans votre pays ? En Afrique ? Avez-vous des propositions à faire pour améliorer sa gestion ?

Au Mali, la promotion des livres  évolue car des clubs et associations pour la promotion du livre et de la lecture pullulent un peu partout. Aujourd’hui, je travaille sur la question de la fédération des clubs de lecture au Mali de manière à proposer des initiatives nationales autour du libre et de la lecture au Mali. De telles initiatives doivent être encouragées et soutenues mais aussi transposées ailleurs. Un tel réseautage pourrait impacter favorablement les actions autour du livre en Afrique. 

En Afrique, la littérature pour enfants est située à la périphérie et considérée comme un genre marginal par rapport à la littérature classique. Que pensez-vous de cela ?

Comme je l’ai dit, c’est un manque de communication. En plus, les auteurs des livres de jeunesse sont rares et parfois moins pertinents. Je pense que ce secteur mérite notre attention au-delà du projet ”Ressources éducatives”.

Quelle est votre vision de l’avenir de la littérature pour enfants dans votre pays ?

Je pense que si les acteurs de cette littérature prennent considérablement en compte la production en qualité et en quantité des livres de jeunesse, la littérature de jeunesse aura de l’ampleur dans mon pays. La collection ”frifrini” (papillon) des éditions la Sahelienne à Bamako et les ouvrages de jeunesse des éditions Figura sont à capitaliser.

Comment voulez-vous contribuer au projet Muna Kalati ? *

Je suis philosophe de formation. Je souhaite écrire des ouvrages pour les petits apprentis philosophes. C’est une nouvelle expérience au Mali. Je pourrais la partager avec Muna Kalati.

Un dernier mot?

Travaillons pour communiquer auprès du public l’importance de la littérature de jeunesse.

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